20.06.2025 - Article

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Matrice de bus-expositions, un outil permettant d’évaluer l’exposition des conducteurs et conductrices de bus aux risques physico-chimiques

Envie de savoir plus sur les expositions physico-chimiques des conducteurs et conductrices de bus suisse ? 

Découvrez les résultats principaux d’une étude qui mesure les expositions aux risques physico-chimiques dans des bus et qui crée la première matrice de bus-exposition du monde.

+ - 1. Quel est le sujet de cette étude ?
Cette étude porte sur les expositions aux risques physico-chimiques (bruit, vibration, champs électromagnétiques, etc.) des conducteurs et conductrices de bus en Suisse.
+ - 2. Pourquoi avoir choisi cette population ?
Dans des études précédentes, il a été découvert que la santé des conducteurs et conductrices de bus suisse s’est globalement dégradés au cours des dernières décennies. Cependant, nous n’avons aucune donnée d’exposition aux risques physico-chimiques afin de comprendre ce changement dans la santé des conducteurs et conductrices de bus. Il est alors nécessaire de récolter ces données
+ - 3. Quel est l’objectif de cette étude ?
L’objectif de cette étude est de faire des mesures dans des bus et par la suite d’étendre les valeurs d’expositions aux risques physico-chimique à l’ensemble de la flotte de bus suisse.
+ - 4. Comment avez-vous procédé pour mettre en place cette étude et obtenir des résultats ?
En utilisant l’inventaire de bus créé précédemment (https://www.trapheac.ch/fr/30092024-article), nous avons sélectionné 10 bus représentatifs de l’évolution de la flotte de bus en Suisse. Nous avons ensuite fait des campagnes de mesure dans ces bus pour mesurer le bruit, les vibrations du plancher et du siège (appelé corps entier), les champs électriques hautes fréquences et basses fréquences, le champ magnétique, les poussières fines (https://www.bafu.admin.ch/fr/poussieres-fines), les particules ultrafines et le taux d’échange de l’air (nombre de fois que la totalité de l’air est changé dans une pièce/bus en 1 heure). Par la suite, nous avons modélisé les valeurs d’exposition aux risques physico-chimiques à quasi l’ensemble des bus de l’inventaire. Cela a permis de créer une matrice de bus-expositions. Les minibus ont été exclus car leur technologie est trop différente. Pour comprendre l’évolution des expositions aux risques physico-chimiques, nous avons croisé les données de la matrice de bus-expositions et des données récoltées en 2022 dans le cadre de l’enquête sur la santé des conducteurs et conductrices de bus (historique des bus conduits).
+ - 5. Qu’en est-il ressorti et comment interprétez-vous cela ?
La matrice de bus-expositions contient 705 modèles de bus et les valeurs d’exposition aux risques physico-chimiques correspondantes. Toutes les valeurs mesurées sont en dessous des valeurs limites. En règle générale, le bruit et les champs électriques de hautes fréquences sont plus élevé en milieu urbain. Sur le long terme, les conditions de travail des conducteurs et conductrices de bus se sont globalement améliorées. Le bruit moyen, les vibrations, et la pollution à l’intérieur des bus ont nettement diminué depuis les années 1980. En revanche, certains facteurs ont augmenté, comme les pics de bruit et les champs électriques, en lien avec l’évolution des technologies embarquées. Un point négatif concerne le renouvellement de l’air, qui est aujourd’hui moins efficace qu’avant, ce qui peut être défavorable lors de longs trajets sans arrêts fréquents.
+ - 6. Quelle conclusion en avez-vous tiré ?
Les bus modernes sont globalement moins bruyants, moins vibrants et mieux protégés contre la pollution, ce qui améliore les conditions de travail des conducteurs et conductrices. Toutefois, certains nouveaux risques apparaissent (champs électriques, aération), ce qui montre l’importance de continuer à améliorer la conception des véhicules.
+ - 7. Quelles ont été les forces et limites de cette étude ?
La force de cette étude est d’utiliser une méthode de statistique avancée appelée approximation intégrée imbriquée de Laplace (INLA). INLA est une méthode qui permet d’analyser des données de façon rapide et fiable quand les situations sont complexes. Au lieu de faire tourner l’ordinateur très longtemps pour tester des milliers de possibilités (méthode standard), INLA utilise des raccourcis mathématiques pour donner directement de bonnes estimations. Concrètement, cela permet de mieux comprendre les liens entre les caractéristiques des bus et les expositions aux différents risques physico-chimique, tout en gagnant beaucoup de temps de calcul et en gardant des résultats précis. Pour ce faire, INLA résout le problème de manière analytique, un peu comme un GPS qui prédit le trafic à partir de quelques capteurs clés au lieu d’observer chaque voiture sur la route. Une des limites de l’étude est que toute la modélisation des expositions est basée sur seulement 10 bus. Plus de bus aurait permis d’avoir des résultats plus précis. L’autre limite est qu’il n’y a pas de mesure dans des minibus. Leur technologie étant trop différentes des autres bus, nous n’avons pas pu modéliser les valeurs d’expositions pour les minibus. La matrice de bus-exposition ne contient donc pas de minibus.
+ - 8. Est-ce que cette étude a eu un impact quelconque ?
Cette étude a établi la première matrice de bus-exposition du monde. Elle ouvre la voix à une nouvelle méthode d’attribution des expositions pour des études en se basant uniquement sur les véhicules utilisés.
+ - 9. Quelle est la suite logique de cette étude d’après-vous ?
Cette étude permet d’avoir un outil pour attribuer des valeurs d’exposition aux risques physico-chimiques en se basant uniquement sur le modèle de bus conduit. Cela va permettre de faire des études sur les risques physico-chimiques et la santé des conducteurs et conductrices de bus.